les médecins payés à la performance

En juillet 2011, trois principaux syndicats de médecins libéraux et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) avaient signé un accord. Cela avait pour objectif de mettre en place des « primes à la performance » pour les médecins libéraux. Elles serviront principalement à améliorer la qualité des soins offerts aux patients ainsi que les « bonnes pratiques » de ces professionnels de santé. Pas mal de bonne pratiques ont validé cet accord.

 

Un nouveau protocole pour une meilleure qualité de soins

 

Une convention a été signée par la Cnam et la CSMF, la SML ainsi que la MG France, trois syndicats de médecins. C’est une mesure qui met en place un système de rémunération dite "à la performance". Elle servira donc à créer une part de rétribution variable en fonction des pratiques des médecins. Cet accord durera cinq ans, ce qui fut réellement plaisir au président du syndicat de médecins généralistes MG France. Pour lui, c’est "un virage fondamental pour le système de santé français."

 

En effet, cela permettra de mieux gérer la gestion des soins, mais aussi de répondre à des objectifs précis de santé. De manière générale, ces « bonnes pratiques » sous-entendent réduire et prévenir les charges en médicaments, améliorer le suivi des maladies chroniques, mais aussi moderniser le cabinet médical.

 

Pour que cela fonctionne, un système performant a été mis en place, se basant sur trente indicateurs pour réunir au fur et à mesure des points qui valent chacun 7 €. Pour gagner 20 points par exemple, il faudra vacciner les patientsau niveau de  la grippe au moins 3/4 des patients de plus de 65 ans. Pour bénéficier de 25 points, il faudra en revanche maintenir 80% de ses patients atteints du diabète avec une glycémie inférieure à un seuil préalablement fixé. Pour se voir octroyer 50 points, il faudra informatiser le dossier médical. Enfin, pour gagner 60 points, il sera nécessaire de prescrire 70% au moins de médicaments anticholestérol génériques, moins chers pour l’Assurance Maladie.

 

Le volontariat : un principe qui entre également en jeu dans la convention

 

Avec cette nouvelle mesure, il est possible de gagner 11,40 € par patient et par an si le professionnel de santé remplit tous les objectifs fixés. Il peut même gagner jusqu’à 9100 € par an pour 800 personnes. Il est tout de même à noter que cela se base sur le volontariat sans toucher à l’actuel système du paiement « à l’acte ». Cette pratique visera principalement à économiser davantage, ce qui explique d’ailleurs pourquoi la Sécurité sociale autorise le surcoût.  Mais c’est aussi une occasion pour appuyer les politiques de santé en changeant le barème de points pour obtenir des résultats concrets. Plus concrètement, si les pouvoirs publics veulent appuyer un dépistage quelconque ou une vaccination, telle que le vaccin de la grippe, il faudra tout simplement revoir le barème.

 

Selon les statistiques, c’est un système qui a de sérieuses répercussions sur les avis des professionnels de la santé. Plus de 97 % des médecins généralistes adoptent entièrement ce nouveau mode de rémunération, fin janvier 2012 contre 96 % de spécialistes. Ils n’ont pas réellement été emballés par ce système, ce qui est notamment le cas de 12 % des ORL et de 15 % des psychiatres.

 

Quoi qu’il en soit, le médecin généraliste, membre de MG France Jean-Louis Bensoussan pense que c’est un réel pas en avant pour améliorer les pratiques médicales. C’est pour lui une opportunité pour démontrer un travail bien fait puisque le médecin sera davantage payé en fonction de la qualité de ses prestations et non plus uniquement en fonction de leur quantité.

 

Ce nouveau mode de rémunération freine le paiement « à l’acte » freine

 

Toujours selon Jean-Louis Bensoussan, c’est une porte qui ouvre l’aspect collectif de la santé dans les pratiques individuelles tout en freinant « la course au paiement à l’acte ». Mais il a tout de même quelques appréhensions, comme la difficulté à vérifier les erreurs ou encore les inexactitudes au moment de calculer les points.

 

Quoi qu’il en soit, d’autres professionnels voient d’un très bon œil cette initiative, comme Emmanuel Daydou. Ce responsable du pôle organisation des soins au sein de la direction santé de la Mutualité Française pense qu’il est tout à fait logique de récompenser la qualité du travail d’un médecin. Il tient également à rappeler que cela rejoint les propositions de toujours de la Mutualité Française. Par rapport à Jean-Louis Bensoussan, il n’a pas d’appréhension, mais plutôt des regrets. Pour lui, il est totalement dommage que les organismes mutualistes n’entrent pas dans ce système. Il pense également que cela ne permet pas de mettre en place des « rémunérations forfaitaires qui se substituent à l’acte ».

 

 

 

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Publié le : 19/06/2012

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